Steve Wozniak – Le mirage de l’intelligence artificielle.

Le personnage

Steve Wozniak est avec Steve Jobs et Ronald Wayne, l’un des co-fondateurs des tout premiers PC Apple. Dans un franc parlé qui lui est propre, il livre sans détours le fond de ses pensées en ne manquant pas d’y glisser quelques pointes d’humour dont il est friand. Invité par l’Echo lors de l’événement annuel New Insigths du mois de mars dernier, cet illustre personnage (plus connu sous le nom de « The Woz »), a exposé son point de vue sur des sujets pointus comme l’intelligence artificielle, les innovations technologiques mais aussi les réseaux sociaux.

The Woz et les innovations technologiques

Pour Steve Wozniak, on ne peut parler d’innovation que lorsque celle-ci transforme de manière significative, le quotidien de l’homme.
De son point de vue, Apple fait partie de ces pionniers de l’innovation en ayant grandement contribué au développement des avancées technologiques. C’est à Apple que le monde doit en effet, l’invention du système de reconnaissance digitale. Cette technologie bien connue du monde professionnel consiste non seulement à identifier un individu mais aussi à avoir le contrôle sur ses entrées et sorties grâce au fameux appareil digital. Adopté par des milliers d’entreprises, cet équipement continue par ailleurs à inspirer de nombreux fabricants qui en multiplient les versions.

Grâce à Apple Pay également, le secteur du paiement via les téléphones mobiles a connu une grande transformation. Si le système a longtemps requis de nombreuses manipulations, le seul recueil des empreintes digitales est aujourd’hui suffisant pour effectuer la transaction. Et c’est ce qu’il appelle de réelles innovations !

The Woz et l’intelligence artificielle

Si comme beaucoup, Steve Wozniak salue les performances des voitures électriques, il reste conscient de la relativité de l’intelligence artificielle. De son point de vue, quand bien même les machines à fonctions intelligentes contribuent à apporter une qualité de vie graduelle dans le quotidien de l’homme, la notion de l’intelligence artificielle relève en grande partie de la science-fiction.

Dans le cas des voitures autonomes par exemple, parler d’intelligence artificielle n’est pas du tout approprié a-t-il précisé. En effet, celui qui a inventé le pilotage automatique intégral n’est pas encore né, le conducteur ne faisant que recourir à des appareils de précision pour bien manœuvrer son véhicule mais garde l’entier contrôle de la conduite. « Dans 20 ans, on pourra en reparler si les choses évoluent » a-t-il confié.

L’intelligence artificielle et ses limites

The Woz a une conception bien arrêtée de l’intelligence artificielle. De son point de vue, c’est une notion relative qui connait de nombreuses limites. Quoique l’on puisse dire, il est évident pour lui qu’une machine (aussi performante soit-elle) ne réussira jamais à atteindre complètement, le niveau de l’intelligence humaine. Pourvu de sentiments et capable de réflexion, l’homme agit délibérément en faisant ses propres choix selon ses ressentis et non à la manière d’un automate lequel peut connaître à n’importe quel moment, un ou plusieurs étapes de dysfonctionnements. Ce qui revient à dire que l’homme reste et restera toujours selon lui, supérieur à la machine.

Habitué à prendre la vie avec amusement et de façon rationnelle, The Woz apprécie comme tout le monde, profiter des fonctions de ces appareils dits intelligents qu’il a l’occasion de découvrir en quantité au cours de ses nombreux périples. Curieux de nature et grand voyageur, il parcourt le monde et s’est longtemps servi du géolocalisateur Swarm pour y inscrire chacun de ses déplacements (qu’il prenait l’habitude de publier sur Twitter). Mais le comportement des paparazzis qu’il qualifie d’exagéré l’en a finalement dissuadé et l’a poussé à abandonner cette habitude pourtant bien ancrée en lui.

The Woz et les réseaux sociaux

Quand bien même cet inventeur de renommée internationale est très actif sur les réseaux sociaux, il accorde une importance particulière à la protection des données. Pointilleux sur le sujet, il part du principe que les données personnelles revêtent un caractère confidentiel qu’il convient de préserver. Personne n’aimerait (et c’est tout à fait logique) voir ses données vendues sans en être préalablement informé. Or nous savons tous que la commercialisation des données personnelles est une pratique très courante des géants des réseaux sociaux, lesquels n’hésitent pas à s’enrichir aux dépens de leurs utilisateurs.

C’est ainsi que malgré le nombre considérable de ses followers (près de 600.000), il révèle avoir supprimé son compte Facebook pour protéger tant son profil politique que sa vie privée. Selon lui, ce n’est pas le réseau en lui-même qui le dérangeait mais bel et bien le danger permanent auquel il était exposé par la non-protection de ses données. S’il a d’ailleurs des conseils à donner à ses proches et à ses nombreuses connaissances, c’est d’éviter absolument l’utilisation d’une adresse e-mail professionnelle sur les réseaux sociaux tels que Facebook. Le meilleur conseil qu’il puisse leur donner est ainsi de choisir une épellation différente de votre nom usuel ou mieux, la création d’un faux compte.

En effet, quand on pense à toutes les libertés que prennent les géants des raisons sociaux pour divulguer ou vendre les données personnelles de leurs milliers d’utilisateurs, on est plus que surpris des nombreuses conditions qui sont imposées à ces derniers lorsqu’ils décident un jour de quitter leurs réseaux pour une raison ou une autre. En d’autres termes, Facebook ne devrait pas poser autant de préalables lorsqu’un ou plusieurs utilisateurs souhaitent quitter son réseau. Selon sa logique, chacun devrait pouvoir transférer ses données (et par conséquent, ses contacts) sur un système concurrent, en toute liberté. Il dénonce de ce fait, les mauvaises pratiques bien connues des réseaux sociaux consistant à envoyer directement aux publicitaires, le « like » d’une personnalité (en réaction à une publication d’un ou plusieurs de ses contacts par exemple), qu’il qualifie comme étant un comportement malhonnête.

Les freins à l’innovation

Conscient de la concurrence qui fait rage entre les géants de la technologie, Steve Wozniak pense que l’allocation des brevets devrait ne devrait pas dépasser les 5 ans. En effet, les grosses pointures de la technologie avec tout leur package de brevets représentent un frein à l’innovation, surtout quand ont lieu des batailles judiciaires d’une grande envergure comme celles qui existent entre Samsung et Apple.