Le choix de la structure de délocalisation

Le choix de la structure de délocalisation est déterminant dans la mise en place d’un partenariat sur le long terme.

Les types de structure

L’offre de délocalisation comptable est proposée par différents types de structure.
On rencontre sur le marché une offre abondante concernant la seule saisie, proposée soit par des comptables, le plus souvent marocains ou tunisiens ayant travaillé en France, soit, notamment à Madagascar, une offre venant de sociétés spécialisées dans la saisie de données ou l’informatique et qui s’intéressent à ce marché depuis peu de temps.
L’offre concernant le cycle comptable complet est beaucoup plus rare. Elle vient de quelques sociétés seulement, implantées au Maghreb et à Madagascar. On comprend aisément la rareté de cette offre. Elle suppose un investissement beaucoup plus important dans le recrutement, la formation initiale et permanente, la mise au point de process bien plus complexes, enfin dans l’encadrement permanent par des experts-comptables expérimentés respectant les normes professionnelles.

Saisie ou révision ?

La délocalisation peut être cantonnée à la seule saisie ou au contraire au cycle complet, à l’image de ce que fait un cabinet en France. Dans les deux cas, l’opération est profitable. Mais elle l’est bien plus dans la délocalisation du cycle complet. Plus les tâches délocalisées sont chères (révision, déclaratif fiscal), plus la délocalisation se justifie.

Indépendance, taille et pérennité de la structure

Délocaliser une partie importante, voire la quasi-totalité de son portefeuille de tenue suppose un lien de confiance fort et l’assurance d’une relation fondée sur la transparence entre les deux parties. Le partenaire doit savoir à qui il soustraite et comment ses dossiers sont sous-traités.
La structure doit avoir la taille nécessaire pour assurer sa pérennité, financer la formation et l’encadrement de ses collaborateurs ainsi que le développement de ses process, notamment informatiques, assurer la diversité de ses clients.
La “clause d’audit“ doit figurer au contrat, dès qu’il s’agit de sous-traiter une part importante d’un portefeuille, engageant une relation durable. Cette clause autorise le mandant à venir sur place vérifier les conditions et l’environnement de traitement de ses dossiers. Le sous-traitant s’engage à le recevoir et à répondre à toutes ses questions pour lui permettre de se faire une opinion.
La structure offshore doit également garantir la pérennité de son fonctionnement à ses mandants, qui ne peuvent être mis devant le fait accompli d’une cession ou pire d’un vide de gestion et de management, les travaux confiés étant vitaux pour le mandant.

Pérennité du différentiel de coût

Le différentiel de coût est fonction du coût du travail, de sa productivité et du taux de change de l’euro dans la monnaie locale. Tous ces paramètres évoluent et expliquent la plupart des relocalisations, notamment dans le secteur informatique aux Indes, parfois en Europe de l’Est.
A ce jour, les pays francophones qui traitent les comptabilités sont essentiellement le Maroc, la Tunisie, Madagascar et Maurice. Les pays du Maghreb et Maurice ont les coûts salariaux les plus élevés, mais ils sont en partie compensés par une bonne productivité. Maurice est pénalisé par la bonne tenue de sa monnaie face à l’euro. En revanche, Madagascar bénéficie du coût du travail le plus bas, équivalent à celui des Indes ou de la Chine, et d’un taux de change favorable avec une monnaie en baisse, mais un facteur de productivité inférieur. L’avantage final est pour Madagascar qui combine bas salaires et faiblesse de sa monnaie dans un avenir prévisible.

Nécessité de process spécifiques

La tenue de comptabilité déléguée requiert un certain nombre de process adaptés, du fait de la dématérialisation, de la distance, des cultures et des formations différentes, de la connaissance plus ou moins grande de l’environnement comptable, social, juridique et fiscal français. Les contrôles doivent être notablement renforcés par rapport aux contrôles couramment effectués en France.
Les pièces doivent être numérisées dans leur intégralité pour servir de justification à la comptabilisation. Il faut s’assurer que ce processus est suffisamment contrôlé et sécurisé : identification unique et traçabilité des images, détection des images illisibles, sauvegarde.
Le processus de comptabilisation doit aussi comporter les contrôles permettant de vérifier que toutes les images envoyées ont bien fait l’objet d’une comptabilisation correcte (montant, TVA, imputation), que tous les documents nécessaires ont bien été reçus (exhaustivité des pièces), qu’il n’y a pas de doublons (même image envoyée deux fois).
Par ailleurs, le mandant doit pouvoir vérifier à moindre coût le travail du prestataire. Le dossier de travail doit être correctement complété et l’accès aux images (pièces) doit être facilité pour permettre de réviser le plus vite possible. L’idéal étant la liaison automatique écriture-pièce.

Partenariat

La société “offshore“ doit disposer des qualités techniques suffisantes pour pouvoir être le partenaire du développement de son mandant. Les prestations proposées doivent se répartir sur plusieurs niveaux : tout d’abord comptable et fiscal (tenue simple, tenue et révision, TVA et déclaratif fiscal), produits de gestion complémentaires (tableau de bord, saisie analytique) puis plateforme de back office permettant au cabinet de proposer à ses clients des produits complémentaires (gestion du tiers payant pour les pharmaciens, gestion des comptabilités mandants pour les agences immobilières, etc.). Enfin, le développement de produits spécifiques tels que l’externalisation de la comptabilité de PME partagée entre le sous-traitant et le cabinet. Le sous-traitant va permettre de réduire notablement les coûts de tenue et le cabinet pourra pleinement jouer son rôle de supervision et de conseil, le tout au bénéfice du client qui aura une prestation de qualité à un coût impossible à obtenir si tout était fait en France.